L'UNHCR





Le siège de l'UNHCR à Genève


Le Haut Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (United Nations High Commissioner for Refugees), basé à Genève, est un programme de l'ONU (Organisation internationale des Nations-Unies).
Il a pour but originel de protéger les réfugiés, de trouver une solution durable à leurs problèmes et de veiller à l'application de la Convention de Genève sur les réfugiés de 1951.
Après le départ de Ruud Lubbers, en février 2005, remplacé par le nouveau Haut Commissaire António Guterres, le nombre de personnes relevant de la compétence du HCR était de 22,3 millions, soit une personne sur 269 habitants de la planète.
Le nombre de réfugiés s'élevait à 12,1 millions de personnes, soit 4 % de plus qu'en 2000.
Il faut y ajouter : 900 000 demandeurs d'asile, 800 000 rapatriés, 5,3 millions de déplacés internes, 400 000 déplacés rentrés chez eux et 1,7 million d'autres personnes.


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L'origine et la symbolique de l'emblème de l'UNHCR



L'emblème de l'UNHCR


L'emblème de l'UNHCR tient son origine de celui de l'ONU (Organisation des Nations-Unies), afin de rappeler son appartenance.


L'emblème de l'ONU


Le 20 octobre 1947 l'emblème officiel est adopté par l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations-Unies.
L'emblème de l'ONU représente un planisphère en projection azimutale équidistante entouré de deux branches d'olivier stylisées et croisées, deux symboles très parlants, au centre d'un fond bleu pâle.
Le planisphère représente la zone couverte par l'Organisation et la branche d'olivier représente la paix depuis l'Antiquité grecque, les deux symboles réunis représentent le principal objectif de l'ONU, celui de préserver la paix.
Les couleurs n'ont aucune signification précise, mais que l'on pourrait qualifier symboliquement de neutralité pour le blanc et de sagesse/liberté pour le bleu.



L'emblème de l'UNHCR


L'emblème de l'UNHCR reprend à peu près la même thématique que celui de l'ONU si ce n'est que les couleurs sont inversées.
Le bleu à la place du blanc, et le blanc à la place du bleu.
La branche d'olivier est toujours présente en tant que représentation de la paix.
Le planisphère est remplacé par deux mains symbolisant un toit protégeant un humain.
La personne représente le refugié et les mains symbolisent le personnel du HCR qui s'auto-désigne par le terme de "maison".
La symbolisation représente à elle seule le sentiment d’appartenir à une même communauté à laquelle est attribué un ensemble de qualités fortement valorisées par le groupe, telles que la compétence, la polyvalence et surtout le sens du sacrifice et du dévouement.


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L'histoire de l'UNHCR



En 1946, la première Assemblée générale des Nations-Unies fit du sort des réfugiés une priorité.
Et c'est en 1947 que fut créée l'Organisation internationale pour les réfugiés (OIR).
L'institution a alors pour objectif d'accueillir les "bons" réfugiés provenant du bloc de l'Est, en leur accordant une "protection" à la fois physique et juridique, fondée sur la tentative d'assurer le respect des droits de l'homme pour les "Sans-États".
À la suite d'une série de tensions internationales, et à l'impossibilité pour l'OIR de prendre en charge les millions de personnes déplacées durant la Seconde Guerre mondiale sur le continent européen, il fut décidé de tirer les conséquences de l'échec de l'OIR et de la remplacer.
Et c'est le 1er janvier 1951 que fut créé le HCR à la place de l'OIR.
Quelques mois plus tard, en vertu d'une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU le 14 décembre 1950, la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés (ou convention de Genève) fournissait un outil juridique, que le HCR était chargé d'appliquer.
Dès sa fondation, le HCR a son siège à Genève ; c'est là que sont conservés les archives de l'association.

Historiquement et juridiquement, le HCR n’est pas d’abord un organisme mais une fonction individuelle, celle de Haut Commissaire aux Réfugiés, exercée auprès et sous l’autorité du Secrétaire général des Nations-Unies.
Créé en 1949 pour préparer le texte de la Convention de Genève (1951), le Haut Commissaire est élu par l’Assemblée générale sur proposition du Secrétaire général.
Comme autorité légitime, débouché professionnel envié et ressource financière importante, le HCR se trouve dans une position dominante sur le secteur de l’asile et en constitue ainsi la principale instance de gouvernance politique.
Cependant, le HCR est aussi puissant, idéologiquement et financièrement, dans son secteur, qu’il est faible sur la scène internationale des États qui le financent.


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Cette dépendance politique apparaît lorsque l’on analyse la structure de financement du HCR et son fonctionnement interne.
En 2009, le budget prévu est 1,275 milliard de dollars américains pour les programmes annuels et un montant additionnel pour des programmes supplémentaires estimé à 535 millions de dollars.
Il est principalement fourni par les États de la Triade (États-Unis, Japon, Europe).
En 2007, les bailleurs de fonds les plus importants étaient, dans l'ordre :
États-Unis, Commission européenne, Japon, Suède, Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Norvège, Danemark, Canada, Suisse, Finlande, Italie, Australie, France.
Selon le HCR :
"Le budget de l'UNHCR est, dans sa quasi-totalité, financé par des contributions directes et volontaires et de la part des gouvernements, d’institutions non gouvernementales et de particuliers.
L’agence perçoit aussi un revenu très limité provenant du budget régulier des Nations-Unies, utilisé exclusivement pour les dépenses de fonctionnement."
En effet, le HCR ne dispose pas d’une dotation fixe en provenance de l’ONU, mais de subventions qui lui sont allouées annuellement par des gouvernements nationaux, ceux de pays riches, dont il est ainsi politiquement dépendant tant pour ses activités que pour sa propre pérennité et pour celle des emplois de ceux qui travaillent en son sein.
Chaque année, les délégués du HCR dans ces pays ont à suivre et à négocier le renouvellement de la subvention allouée par chacun de ces États au siège international du HCR et la réussite ou l’échec dans cette mission cruciale pèse sur la suite de la carrière de chacun de ces Délégués nationaux lorsqu’ils demandent ultérieurement une promotion ou une mutation sur un autre poste.
Les subventions cumulées de contributeurs européens (pays précités et Commission européenne), représentent près de la moitié du budget du HCR.


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L’Europe forme ainsi une sorte d’actionnaire majoritaire dont la dominance sur le fonctionnement du HCR apparaît notamment dans les nominations de Hauts Commissaires : sur dix Hauts Commissaires nommés depuis 1950, huit sont européens (Pays-Bas, Suisse, Suisse, Danemark, Suisse, Norvège, Pays-Bas, Portugal), un japonais et un autre iranien.
Leur nomination donne lieu à un véritable ballet diplomatique de la part des candidats aux postes allant de capitales de grandes puissances en capitales de pays bailleurs de fonds du HCR pour trouver les soutiens nécessaires à cette nomination.
Ces hauts commissaires sont généralement d’anciens dirigeants politiques voire des chefs de gouvernement de leur pays et peuvent conserver certains modes de pensée qui furent les leurs dans des fonctions antérieures.
L’actuel haut-commissaire, Antonio Guterres, fut ainsi l’un des principaux dirigeants du Parti socialiste portugais et un Premier ministre marquant de l’histoire politique du Portugal.
Et son prédécesseur, Ruud Lubbers (haut commissaire de 2001 à 2005) fut-il non pas "un" premier ministre des Pays-Bas mais le chef de gouvernement hollandais qui a effectué le plus long mandat (12 ans) de chef de gouvernement dans ce pays depuis 1945, ce qui fait de lui un acteur central du système politique hollandais.

L’activité de sélection des exilés tendant à départir le vrai du faux réfugié sur la base d’une définition très particulière, à la fois individualiste et restrictive, qui en fut donnée par la Convention de Genève de 1951, a toujours constitué l’une des activités centrales du HCR : ce que l’on appelle dans l’organisation la fonction de "protection", quand bien même son exercice conduit, sous le poids des contraintes politiques multiples qui s’exercent sur et dans le HCR, à ne protéger qu’une proportion décroissante et maintenant infime des exilés.
Elle porte non seulement sur l'accès de certains exilés au statut de réfugiés mais également sur les bénéficiaires ou victimes de rapatriements forcés.
L’activité de gestion de camps humanitaires, bien que plus récente dans l’histoire de l’organisation, est devenue le second métier du HCR qui sait installer en urgence un dispositif d’accueil face à un afflux de réfugiés mais aussi le gérer durablement en coordonnant les tâches des associations dépendantes de ses financements.
Il sait gouverner ce monde à part et marginal des exilés pour les maintenir durablement dans les zones plus ou moins confinées dans lesquels les États souhaitent les voir assignés. Cette spécialisation professionnelle explique peut-être la facilité du HCR à passer de la problématique des camps de réfugiés à celle des "camps d'étrangers", notamment dans le cadre des politiques d'externalisation de l'asile.


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La politique d'assistance du HCR se doubla toutefois d'une politique de contrôle des migrants.
Ce second volet, plus officieux, de la politique du HCR, a pris une importance croissante à partir des années 1990, le HCR participant ainsi à l'élaboration de la politique de l'immigration de l'Union européenne (UE), qu'elle accompagne de façon complexe et ambiguë.
Ainsi, le HCR augmente notablement sa présence au Maroc en 2004, année du programme de La Haye, qui institutionnalise dans l'UE les politiques d' "externalisation de l'asile" initiées à la fin des années 1990.
De même, en 2002, après une rencontre du Haut Commissaire Ruud Lubbers avec le ministre britannique de l'Intérieur David Blunkett, le HCR se portait candidat pour examiner les dossiers des quelque 1 500 réfugiés du camp de Sangatte (majoritairement des Afghans et des Kurdes) et départager ceux à qui il accorderait le statut de réfugié (estimant leur nombre à "quelques centaines"), et ceux qui, déboutés, devraient être renvoyés dans leur pays.
Véritable "gouvernement humanitaire", le HCR, qui est en partenariat avec 500 ONG, qu'elle contribue à financer, a ainsi une mission ambigüe.
L'agence intergouvernementale elle-même est divisée entre ceux qui sont plutôt "orienté vers la protection" des réfugiés et ceux qui sont plutôt "du côté des donateurs".
Dans ce cadre, le rôle du Haut Commissaire, souvent une personnalité politique nationale importante, a ainsi une importance centrale, celui-ci étant doté d'un pouvoir de nomination et de mutation des hauts fonctionnaires de l'agence.

Les Hauts Commissaires des Nations-Unies pour les réfugiés depuis 1951 à aujourd'hui sont Gerrit Jan van Heuven Goedhart, Auguste Lindt, Félix Schnyder, Sadruddin Aga Khan, Poul Hartling, Jean-Pierre Hocké, Thorvald Stoltenberg, Sadako Ogata, Ruud Lubbers, Wendy Chamberlin, António Guterres.

Le HCR travaille avec des "ambassadeurs et ambassadrices de bonne volonté", qui mettent leur notoriété, leur temps et leur talent au service des réfugiés, il s'agit de Barbara Hendricks, d'Adel Imam, de Julien Clerc, de Georges Dalaras, d'Osvaldo Laport, de Yao Chen, de Muazzez Ersoy, d'Alek Wek, de Jesús Vázquez.
Depuis 2001, Angelina a parcouru le monde au nom du HCR pour tendre la main aux réfugiés.
Aux côtés des équipes du HCR sur le terrain, elle est allée à la rencontre des réfugiés dans plus d'une vingtaine de pays.
Après une expérience de 10 années en tant qu'Ambassadrice de bonne volonté, Angelina assume désormais la fonction d'Envoyée spéciale du Haut Commissaire Guterres.

Le HCR décerne chaque année le Nansen Refugee Award (anciennement connu sous le nom de médaille Nansen), à une personnalité ou une organisation s'étant distinguée au service de la cause des réfugiés.
Le HCR assiste près de 22 millions de réfugiés et personnes déracinées dans plus de 120 pays.
En un demi-siècle d'existence, l'organisation est venue en aide à plus de 50 millions de réfugiés, ce qui lui a valu à deux reprises le prix Nobel de la paix en 1954 et 1981.

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